Le Théâtre espère ainsi retrouver le temps long avec les artistes et écouter au plus près leurs besoins dans leur parcours naissant.
S’il a été conçu il y a un an et se dévoile ces jours-ci, l’incubateur Module s’est maturé dans le temps au TU de Nantes. « Depuis 2018, nous avons renforcé l’axe de l’attention à la jeune création », explique Nolwenn Bihan, sa directrice, « et Module est la formalisation de l’accompagnement que nous souhaitons lui apporter, au-delà du seul couplage de production et diffusion et de leurs injonctions habituelles ». La démarche dispose d’un budget moyen de 30 000 euros, soutenue par un premier apport de 10 000 euros de la plateforme CulturePro / DRAC Pays de la Loire en 2025, et d’un autre en 2026 dont le montant est encore en attente, complétés par un financement de la scène conventionnée.
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L’un des désirs ? Retrouver le temps long avec les artistes et écouter au plus près leurs besoins dans leur parcours naissant. Les cinq bénéficiaires ont été repérés sans candidature par Nolwenn Bihan et Marie Fourcin, chargée de médiation au TU, en privilégiant la diversité des profils (formation en écoles du territoire ou non, compagnie à soi ou non) et des arts (théâtre, théâtre d’objets, danse, performance). Il s’agit de travailler sur leur première création, coproduite par le TU et qui verrait le jour à Fauves, son festival dédié à l’émergence en octobre, ou dans d’autres cadres, imaginent nos deux interlocutrices. Avant d’ajouter : « Notre accompagnement se situe plus sur le chemin et ses réflexions que sur le résultat, pour instaurer une zone de confiance et des liens durables entre des artistes et notre lieu », localisé, qui plus est, au cœur d’un campus d’étudiants.
L’expertise du Bureau des artistes
De fait, pour concevoir Module, le TU s’appuie sur son expertise, déjà acquise grâce au Bureau des artistes, réunion mensuelle dédiée à outiller ces derniers. Trois axes ont été pensés : « un accompagnement sur mesure », des ateliers et des rencontres avec l’équipe, des intervenants (bureaux de production, administrateurs, dramaturges issus de Jeunes Textes en liberté…), des artistes confirmés, et une mise en réseau. Tous bénéficient de deux semaines de résidence rémunérées, bientôt délocalisées chez des partenaires en raison des travaux du bâtiment. Un mal pour un bien qui permet d’« élargir les possibles d’un projet artistique », concluent-elles.
Par Hanna Laborde
En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°606
Crédit photo : Sixtine de Bodard