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Paris : Rénové, le Centre culturel suisse rouvre avec une nouvelle visibilité

Infoscènes
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Jean Marc Diebold

Dans la cour du Centre culturel suisse (CCS) rénové (réinventé ?) et enfin rouvert ce 26 mars, deux plasticiennes tiennent réunion. C’est aussi là que Jean-Marc Diébold, plutôt que dans un bureau, aime recevoir. Tout sauf un détail, mais l’image même du projet du directeur du CCS, développé depuis son arrivée en poste en 2018. « Il faut ouvrir le CCS. Il est à l’image de la Suisse, apprécié et de grande qualité, mais un peu fermé sur lui-même », dit-il avant d’ajouter : « c’est pour cela que nous avons multiplié les collaborations avec d’autres lieux parisiens ». Les travaux ont été la matérialisation de ce projet, à l’image de cette cour, ouverte,  car l’architecte des bâtiments de France a refusé même l’idée d’une marquise protégeant un passage la traversant devenu l’épicentre de l’institution. « Les travaux n’ont pas augmenté la surface totale, en revanche ils ont ouvert le CCS sur la rue, à travers la librairie et nous permettent de nous intégrer dans le quartier. Si vous chercher un coin pour vous reposer dans le Marais, cette cour est idéale », vante Jean-Marc Diébold. Projet franco-suisse des agences Architecture Studio Bœnders Raynaud – ASBR (Paris) et Truwant + Rodet + (Bâle), « les premiers sont rodés aux exigences des travaux à Paris et aux questions de protections du patrimoine quand les seconds ont les valeurs de clarté, de ligne de rigueur que l’on reconnaît à la Suisse ».

Une petite salle très bien équipée

Au bilan, si le lieu s’étend toujours sur 1 000 m2, la fonctionnalité n’a plus rien à voir avec l’ancien CCS, caché derrière ses hauts murs. « Nous n’avons pas touché à la volumétrie, respecté les parties anciennes, fait de la cour un atout central et transformé la salle. Cela reste une petite salle, à cause des contraintes, nous n’avons pas pu installer de gradins rétractables, mais ceux que nous avons, mobiles, sont très pratiques. Il faut un service à quatre pour changer de configuration. On passe d’une scène de 9 x 7,5 m et une jauge de 50 ou 66, à une jauge de 87 places, mais avec un plateau de 7 x 7,5 m. Ce sont des formats Off Avignon. Mais on peut disposer en quadri ou bifrontal, sans difficulté, avec un équipement technique très efficace. Le piège : fixer une disposition et de n’en plus changer. Mais il y a aussi une configuration à 250 debout, pour les concerts. Cela nous permet de nous ouvrir à toutes les musiques, même le rock ou la techno, ce que nous ne pouvions pas faire et nous oblige à changer la configuration ! », vante le directeur avant de résumer : « cela sera toujours petit, mais très bien équipé ». L’ouverture, prévue pour les JO a été plusieurs fois repoussée. Les coûts, votés à 6,5 millions d’euros, ont atteint un peu moins de 8 millions d’euros, pour cause d’inflation. « Le budget vient de la Confédération, mais l’équipement est payé par les réserves du CCS et l’aide de la fondation Pro Helvetia », ajoute Jean-Marc Diébold, content de pouvoir « accueillir les gens chez nous ». Mais la politique d’ouverture va se poursuivre : un festival de danse en biennale à l’automne, baptisé Suisse Dance Week, avec 7 partenaires. Et le CCS va trouver une nouvelle visibilité.

Par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°605

Légende photo : Jean-Marc Diébold, directeur du CCS

Crédit photo : Tristan Savoy