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« Incarner un lien entre l’opéra et la société »

Infoscènes
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Alexandra Lacroix

Alexandra Lacroix dirige depuis le 1er janvier Angers Nantes Opéra, dont elle a présenté sa première saison. Elle est également depuis l’an dernier vice-présidente des Forces musicales, syndicat regroupant 51 opéras et orchestres. 

Votre première saison a pour thématique l’amour et croisera les disciplines...
Des thématiques universelles sont des points d’accroche. L’amour sera décliné en quatre variations ou chapitres durant cette saison 2026-2027. Avec Orphée et Eurydice, mis en scène par Lorraine de Sagazan, Così fan Tutte, par Phia Ménard, Werther, par Ted Huffman – trois coproductions – et je mets en scène l’œuvre contemporaine The Carmen Case, composée par Diana Soh. Des croisements de formes auront lieu, notamment grâce à (La) Horde, Leïla Ka ou Clément Cogitore, ce qui est une dimension essentielle de mon projet. Des variations autour de ce thème seront proposées, comme un concert augmenté ou une exposition. Près de 46 000 places sont proposées pour plus de 70 représentations.

Vous introduisez notamment deux nouveaux dispositifs, Écho et Ring Lab…
Écho est un comité scientifique composé de trois chercheurs et trois chercheuses dont les travaux recoupent la thématique de la saison. Des rencontres auront lieu avec le public. L’idée est d’incarner un lien entre l’opéra et la société. Le Ring Lab est un dispositif de résidence et de recherche artistique avec quatre artistes qui vont élaborer un travail de recherche et de territoire à partir de cette même thématique après l’appel à la participation lancé au public « Pour vous, c’est quoi l’amour ? ».

La région des Pays de la Loire et le département de Loire-Atlantique ont réduit leurs subventions (de 350 000 et 100 000 euros)…
Ces coupes sont intervenues quelques mois après ma nomination, ce qui a remis en question mon projet. J’ai dû notamment changer deux des quatre productions prévues. Ce qui est d’autant plus choquant que nous sommes le seul opéra de la région. Et les Nantais se plaignent de spectacles trop souvent complets, mais nous n’avons pas les moyens pour davantage de représentations. Notre budget est de 10,5 millions d’euros, dont 2,9 millions d’euros de disponible artistique. Le manque de moyens fragilise notre rayonnement sur le territoire. Ces coupes sont malheureusement une dynamique nationale que je compte dénoncer en tant que vice-présidente des Forces Musicales. Mais je souhaite montrer l’opéra positivement en lui redonnant du souffle par le récit, par l’émotion partagée et par l’expérience collective. 

Propos recueillis par Nicolas Dambre

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°601

Légende photo : Alexandra Lacroix

Crédit photo : Delphine Perrin