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Aurélien Bory : « Beaucoup de curiosité autour de la scénographie »

Infoscènes
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Aurélien Bory

Du 15 au 31 janvier a eu lieu le festival Scéno au Théâtre Garonne, événement inédit en France dédié à la scénographie. S’y mêlaient rencontres, spectacles et une installation de créateurs aussi scénographes. Aurélien Bory, son directeur, revient sur l’édition et pense les prochaines.

Quel bilan faites-vous ? Il y a eu un réel frémissement et beaucoup de curiosité. La fréquentation a été excellente (92 %), avec de nouveaux publics pour moitié. Nous tenions aussi à l’accessibilité du festival : nous avons produit l’audiodescription du Paradoxe de John, de Philippe Quesne et réalisé des visites tactiles de décors. Ce qui a résonné avec le « quart d’heure scéno » (des étudiantes de l’Ensatt décrivaient en mots leur scénographie idéale). Une séance relax a été proposée sur le spectacle de Miet Warlop, rendant palpables les réactions que produit une scénographie.

Vous avez aussi noué des partenariats variés… Nous avions déjà travaillé avec la moitié de ces partenaires, mais ici c’était « à propos ». Nous nous sommes accordés avec le musée Les Abattoirs sur l’artiste Ulla von Brandenburg, qui est à la frontière du théâtre et des arts visuels. Nous coproduisons son installation créée sur place, et nous l’accompagnons sur trois ans, car Scéno se veut un vivier de création. Nous avons aussi collaboré avec l’Université Jean-Jaurès pour un programme de recherche, Marionnettissimo et le Théâtre de la Cité (pour l’accueil de This & That, de Phil Soltanoff et aSH , d’Aurélien Bory), le Vent des Signes et la librairie Ombres blanches. L’autre moitié était spécifique à la filière scénographique (l’Ensatt, presse spécialisée…).

Pourquoi dédier un festival à cet art ? C’était dans mon projet pour le Théâtre Garonne [au budget total de 165 163 euros, dont 50 000 euros en coproduction, NDLR]. C’est mettre en avant un sujet central, qui est un impensé. Or le théâtre est né d’une pensée de l’espace. Aussi, je ne voulais pas pléthore de propositions, pour accentuer la qualité autour de quatre spectacles, une vidéo, une installation et des rencontres. On a investi les quatre espaces du théâtre, qui s’y prête bien.

En quoi peut-il contribuer à sa réflexion ? Les dialogues entre artistes, mis en ligne, pourraient faire l’objet d’un projet éditorial. Aussi, la scénographie fait face à un enjeu économique et écologique, surtout quant au transport. Mais des solutions sont trouvées. Scéno pourra se pencher sur la question. L’autre défi est le développement technologique. Nous nous en sommes saisis ces jours-ci en résidence avec Phil Soltanoff et Steven Wendt. Et je réfléchis à un programme « techno » pour Scéno.

Et vos autres objectifs ? Garder les mêmes caractéristiques, et aller plus loin : programmer plus de spectacles, varier les formats, inviter des scénographes qui ne soient pas auteurs d’un spectacle, l’Union des scénographes… Et élargir les partenariats, y compris financiers.

Propos recueillis par Hanna Laborde

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°600

Crédit photo : Aglaé Bory