Les Zébrures de Printemps et d’Automne fusionnent cette année en un seul festival, à Limoges, organisé par Les Francophonies - Des écritures à la scène.
Les Francophonies - Des écritures à la scène ont décidé de se relancer face aux difficultés. Les Zébrures de Printemps et d’Automne vont fusionner dès cette année. Et l’événement devient « Les Zébrures, festival des écritures et des créations théâtrales francophones » (du 23 septembre au 3 octobre 2026). La raison ? « Les financements se faisant attendre, nous avons décidé de ne présenter qu’un seul rendez-vous, à l’automne », explique son emblématique directeur, Hassane Kassi Kouyaté. Une crise transformée en opportunité. « Plus on avance, plus on voit les avantages de cette solution », souligne-t-il. Ce festival unique réunira les lectures publiques et les créations. Unité de lieu, et de temps. Et cette décision a été intégrée dans la prochaine convention pluriannuelle d’objectif (CPO).
Des subventions qui tardent de plus en plus
La crise est née des notifications des subventions 2026 qui ne sont toujours pas parvenues à son directeur. Pourtant, Les Zébrures sont la deuxième structure que l’État finance dans le domaine du théâtre, après le Festival d’Avignon, dit-il. Ces retards deviennent « récurrents », constate Hassane Kassi Kouyaté, et encore plus cette année alors que l’État et les collectivités ont voté leurs budgets en début d’année. « À l’heure actuelle, les commissions d’attributions n’ont toujours pas siégé », poursuit le directeur qui était dans l’incapacité d’engager les fonds pour cette édition printanière. « Je respecte trop les artistes pour faire une Zébrure à l’aveuglette, moi-même je suis un artiste. Et je suis trop soucieux de la pérennité de la structure pour la mettre en danger. »
Les Francophonies - Des écritures à la scène réussissent chaque année à réunir un budget d’environ 1,6 million d’euros, dont 1,3 million de subventions publiques venues de la Drac (810 000 euros), de la région Nouvelle-Aquitaine (270 000 euros), du département de la Haute-Vienne (89 348 euros), et de la ville de Limoges (145 000 euros) qui, en sus, héberge l’association, prête ses théâtres et ses espaces publicitaires. Un budget assez mince, d’autant plus que les coûts augmentent, notamment ceux de transport et d’hébergement.
Des états généraux
Face à ce constat d’une forme de désengagement pour sa matière, Hassane Kassi Kouyaté souhaiterait réunir les parties prenantes pour des « états généraux de la création théâtrale francophone », afin de demander, notamment aux tutelles : « Que voulez-vous faire avec cette création francophone ? », dit-il, lui qui a déjà annoncé son départ, fin 2027.
Pourtant, le festival a su se réinventer pour attirer des publics très éloignés. Notamment en lançant dès 2024 des prix libres qui ont entraîné 60 % de croissance de la billetterie. « On a vu que notre public s’est régénéré, on a vu des familles, des jeunes, et on a eu une augmentation de la fréquentation de 30 %. » Preuve que cette création a trouvé son public.
Propos recueillis par Jérôme Vallette
En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°598
Crédit photo : Anne-Sophie Dubreuil