La scène de musique actuelle de la Manche fait peau neuve. Cet ancien manège à chevaux, épargné par les bombardements de 1944, sera rénové, avec une extension créée par l’agence d’architecte Encore Heureux.
« Il aura fallu dix ans pour répondre à la demande pour que le bâtiment corresponde à notre projet. Le lieu sera plus optimal, avec plus de confort pour les artistes, comme pour le public et les utilisateurs, précise Nicolas d’Aprigny, directeur et programmateur de l’association Écran sonique. L’enjeu est aussi que le Normandy soit inscrit sur certaines tournées. »
La SMAC conservera une salle de 900 places avec une possibilité de jauge mixte avec gradins, et sera complétée par une seconde salle, le Club, de 279 places, plus adaptée pour les concerts découvertes. Les travaux, qui dévoileront la charpente bois existante, permettront aussi la création d’un hall, la mise aux normes de l’accessibilité et une meilleure performance énergétique, le tout pour un budget de 10 millions d’euros financé par la ville de Saint-Lô, propriétaire depuis 2017, et par l’Europe, l’État, la région Normandie, le département de la Manche, Saint-Lô Agglo et le Centre national de la musique.
Missions hors les murs
La salle ne doit rouvrir au public qu’au printemps 2028. « Pendant les travaux, nos missions continuent, mais différemment, explique Nicolas d’Aprigny. On ira dans les écoles. On travaille avec les structures existantes à Saint-Lô : le théâtre municipal, la médiathèque, l’école de musique… L’idée est de s’adapter. Par exemple, le Normandy accompagne des groupes plutôt dans des phases de fin de résidence, alors que pendant les travaux, ce sera plus en début de création dans les autres lieux. Nous proposerons des concerts à Saint-Lô, mais pas que, car nous sommes la SMAC de la Manche. Il y aura des partenariats avec Jazz sous les pommiers ou avec le Circuit à Cherbourg. » L’association Écran sonique prépare aussi les 17e Rendez-vous soniques, hors les murs du 10 au 14 novembre 2026. Le festival avait accueilli 12 000 spectateurs l’automne dernier.
Propos recueillis par Christine Raout
En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°597
Crédit photo : Phillipe Esterrellas