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Vie syndicale. Élections : le Syndeac mise sur son maillage régional pour se faire entendre

Infoscènes
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Clémentine

Réélus pour trois ans, les deux coprésidents du Syndeac (536 adhérents) Claire Guièze et Joris Mathieu veulent « mailler le territoire avec des délégations régionales très fortes » afin d’affronter la longue séquence électorale et ses possibles conséquences

Le nouveau mandant de trois ans qu’aborde le duo de pilotes du Syndeac débute avec « un bureau largement renouvelé entre équipes artistiques et lieux », précise Joris Mathieu. Preuve de cette dimension territoriale, complète Claire Guièze « pour la première fois, le Conseil national s’ouvre à des lieux ultramarins » avec Lolita Tergemina (suppléante et membre du bureau), directrice du CDN de l’océan Indien – Théâtre du Grand Marché (La Réunion), et Manuel Césaire, à la tête de Tropiques Atrium, scène nationale de Martinique. L’enjeu local est désormais au cœur du financement des labels avec les difficultés budgétaires croissantes des collectivités. « Des feux s’allument dans tous les territoires », résume Joris Mathieu, avec maintenant une question de survie qui se présente pour certaines structures (Scène nationale d’Aubusson, Place de la danse CDCN Toulouse Occitanie). D’où la nécessité de muscler ses délégations en région, les combats se jouant moins au niveau du ministère cette année. De fait, le duo mise sur « l’autonomie d’action » des délégués régionaux pour « faire face a l’empilement des situations critiques et de menaces qui pèsent ».

Croissance continue des adhérents

Toutefois, le rôle central du syndicat en soutien de ses adhérents reste un axe fort de la mandature, assure Claire Guièze : « Nous avons un syndicat opérationnel avec une équipe renforcée, car il y a un besoin d’être soutenu de la part de nos adhérents ». Ainsi, illustre Joris Mathieu, le « renforcement du service juridique est un signe très fort, car le droit va être notre meilleur allié dans ces temps troublés. » Sur 13 permanents le Syndeac compte désormais 2,5 salariés au service juridique.

Le premier syndicat de la branche du spectacle vivant public a connu une croissance constante du nombre de ses adhérents, notamment ces 5 dernières années. À l’automne 2024, il dépassait le seuil symbolique des 500 adhérents pour atteindre aujourd’hui 536 structures dans ses rangs (380 adhérents juste avant la crise Covid), toujours à parité entre équipes artistiques et lieux. « Nous sommes marqués par la croissance de nos adhérents, ça en dit long sur le besoin de se syndiquer dans notre secteur », assure Joris Mathieu. Et « le gros des dernières adhésions, ce sont des compagnies », ajoute Claire Guièze.

Et pour ces dernières, comme pour nombre d’autres structures, le combat pour le refinancement du Fonpeps (lire page 2), malmené dans la séquence budgétaire après son renouvellement pour trois ans, est une autre priorité, l’emploi artistique étant « déjà fragile et fragmenté ». Pour les patrons de lieux, Claire Guièze observe « des risques psychosociaux dans toutes les maisons et à tous les niveaux hiérarchiques, avec une pression sur les équipes », qu’il faut accompagner. Si, pour le moment, on n’observe pas de licenciement à grande échelle, il y a « souvent une non-reconduction de départs en retraite ».

Le syndicat s’est lancé dans la séquence des municipales, avec une plateforme programmatique déployée en USEP-SV, et un questionnaire envoyé aux candidats de villes identifiées. Il agit aussi avec le collectif Nos services publics dans cette campagne en insistant avec une mesure : « le renoncement aux appels à projets et le passage à une contractualisation pluriannuelle. » Mais le Syndeac envisage toute la séquence électorale. Il craint notamment la volonté de certaines figures de la droite de ne pas s’inscrire « dans une logique de barrage républicain » en 2027. Une campagne qui va accaparer le syndicat.

Propos recueillis par Philippe Verrièle

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°597

Crédit photo : D. R.