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Centre national de la musique : Un budget sur la réserve et en retrait

Infoscènes
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Émilie Simon

Au total, le CNM « limite la baisse de son budget d’intervention à 4 % par rapport à son niveau de 2025 » affirme l’opérateur, toutefois les représentants de la filière s’y sont opposés en évoquant une « impasse ».

-26 % de subventions
Dans ce contexte, le conseil d’administration a voté un budget à 133 millions d’euros (137,6 millions en 2025), dont 113,4 millions d’interventions. « Le CNM parvient à confirmer son soutien à la filière musicale et des variétés dans un cadre contraint », estime sa direction qui déplore que sa subvention pour charges de service public diminue de 7 millions d’euros (20 millions d’euros au total), soit -26 %. Un changement d’époque, puisque pour « la première fois » la dotation budgétaire couvre uniquement le fonctionnement de l’établissement. En contrepartie de ce choix gouvernemental, les plafonds des deux taxes affectées augmenteraient de 8 millions d’euros, celui de la taxe sur les spectacles vivants musicaux et de variété passant à 58 millions, et celui sur le streaming musical à 21 millions. Toutefois, les prévisions de rendement de la taxe streaming (18 millions) étant inférieures au plafond, ces rehaussements ne permettront pas de compenser la baisse des subventions. De sorte que le CNM a eu besoin de mobiliser 6 millions d’euros de crédits 2025 non consommés, annulations d’aides et droits de tirage prescrits, « afin de maintenir les aides financières sectorielles à un niveau permettant de répondre aux besoins de la filière (80,8 millions d’euros au total) et de limiter la baisse des aides transversales (20,5 millions d’euros au total) » – s’y ajoutent 12 millions du plan pluriannuel de soutien à la transition des lieux. Le Syndicat des Musiques actuelles (SMA) a voté contre ce budget, qui « prévoit une baisse de 1 million d’euros pour les salles de concert, 900 000 euros pour les tournées de musiques actuelles, 500 000 euros pour l’innovation. »

Vives oppositions
Outre le SMA, Ekhoscènes a également voté contre : « En réduisant les moyens de l’opérateur tout en maintenant ses missions, l’État place le CNM dans une impasse budgétaire et fragilise l’ensemble de la filière musicale. » Pour l’organisation patronale leader, ce budget « marque un tournant : celui d’un opérateur contraint de gérer la pénurie plutôt que d’accompagner la transformation du secteur. » C’est une « rupture assumée avec le projet fondateur ». Toute la filière milite (encore) pour le déplafonnement des taxes affectées alors que la loi de finances n’est pas votée. Le plafonnement de la taxe billetterie ayant déjà « privé le secteur de 5,8 millions en 2024, et d’au moins 8 millions en 2025 », rappelle Ekhoscènes. Selon l’UPFI, « l’État renonce manifestement à l’ambition qui l’animait », en maintenant l’écrêtement et en réduisant les subventions.

Propos recueillis par Jérome Vallette

En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°595

Légende photo : Émilie Simon

Crédit photo : Éric Deguin