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Un festival et un atelier pour les artistes en exil

Une nouvelle édition du salon des artistes en exil est organisée par l’ONDA le 17 novembre, dans le cadre de Visions d’exil. Ce festival pluridisciplinaire, au Palais de la Porte dorée à Paris, donne à voir les œuvres d’artistes réfugiés en Europe, comme le rappeur syrien Bu Kolthoum ou la performeuse afghane Kubra Khademi. L’événement est aussi l’occasion de rencontres professionnelles. Judith Depaule et Ariel Cypel, à la direction artistique de ce festival, vivent au quotidien la relation avec ces artistes qui ont fui la guerre ou l’oppression. Ils ont ouvert, au printemps, l’atelier des artistes en exil, un vaste lieu où ces artistes sont accueillis, conseillés et peuvent travailler.

La ministre Françoise Nyssen a visité le 8 octobre cet ancien centre de formation de La Poste. Musiciens, plasticiens, peintres, écrivains y partagent une quinzaine de salles de classes transformées en studios et pièces de convivialité. Quelque 150 artistes sont inscrits et entre 60 et 80 fréquentent régulièrement les lieux. L’initiative trouve ses origines il y a trois ans chez Confluences, à Paris, que dirigeaient Judith Depaule et Ariel Cypel. Des réfugiés syriens y avaient été hébergés, des contacts noués avec des artistes en exil et une première rencontre s’était montée avec l’ONDA pour mettre en relation ces artistes et des professionnels français. «Les réseaux français se sont montrés réactifs, raconte Judith Depaule, proposant des salles de répétitions, voire des temps de résidence». Il n’y a pas d’examen d’entrée à l’Atelier des artistes en exil où l’intégration se fait plutôt par cooptation.

Les situations sont variées, entre des artistes confirmés, des étudiants comme ce jeune Syrien qui prépare un concours d’entrée aux beaux-arts, des exilés de longue date qui reviennent à leur art après des années de travail alimentaire... «Nous avons aussi des artistes qui le sont devenus à cause de ce qu’ils ont enduré, ajoute Judith Depaule. Il faut une attention humaine importante ici, s’inquiéter de savoir s’ils ont mangé, s’ils savent où dormir, les aider dans leurs démarches administratives». L’atelier reçoit une aide du ministère de la Culture, de la Ville de Paris, de l’ONDA , du fonds Porosus et de quelques autres dispositifs, pour un total de fonctionnement de 130 000 euros. Les locaux mis à disposition gratuitement représentent une opportunité rare, mais temporaire, car le bâtiment est promis à la destruction. «Nous avons encore besoin d’aide pour continuer, notamment en matériels techniques, en instruments de musique, etc.», complète Judith Depaule.

YVES PERENNOU

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 20 octobre 2017)

Légende photo : Une session musicale à l’atelier. Crédit photo : D. R.