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Variétés et musiques actuelles : les chiffres de la diffusion démentent les idées reçues

Les attentats de novembre 2015 n’ont pas eu d’impact majeur sur la diffusion de spectacles de variétés et de musiques actuelles durant l’année 2016, d’après le CNV. Le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz présentait le 25 septembre ses statistiques annuelles. Il en ressort une croissance globale, dans la continuité de celle de ces dix dernières années : fréquentation et billetterie générée sont en hausse (de 6 et 7% par rapport à 2015), tirées par un nombre de représentations toujours plus nombreuses (63 339 en 2016, +9%), soit 813 millions de recettes de billetterie. Les statistiques du CNV contredisent le ressenti exprimé par bon nombre de professionnels d’une chute de fréquentation en 2016. Par exemple, dans ses rapports d’activité sur 2016, le groupe Fimalac attribuait la faiblesse des résultats de sa branche «entertainment» à l’effet post-attentats.

Le dynamisme de la fréquentation n’est plus tant porté par les festivals (+2% en 2016 en moyenne, contre 11% un an plus tôt) que par les grands lieux de type Arena, parc expo ou stade. La réouverture fin 2015 de l’Accor Hotels Arena (Paris) a participé de la hausse globale du nombre de spectateurs et du chiffre d’affaires de billetterie avec, par exemple les séries de concerts de Céline Dion ou de Muse. Les concerts d’artistes à très forte notoriété ont été plus nombreux en 2016 en France (Coldplay, les Insus, Rihanna…). Dans le même temps, les spectacles réunissant moins de 100 spectateurs se sont fortement accrus en nombre (+18%), en fréquentation (+14%) et en recettes de billetterie (+26%). Il s’agit notamment ici de scènes vouées à l’humour, ainsi que des spectacles du Off d’Avignon sur lesquels le CNV perçoit davantage de taxe fiscale.

Les scènes de musiques actuelles voient le nombre de spectateurs par représentation augmenter, ce qui n’est pas le cas des scènes généralistes. Les salles de type Zénith (d’une jauge 3 000 à 6 000 spectateurs) accusent un repli de leur fréquentation (-2%) et de leurs recettes de billetterie (-6%), peut-être concurrencées par les stades et Arena. Les cabarets, notamment parisiens, ont souffert d’une désaffection de la clientèle internationale. Si le prix moyen d’un billet est de 33 euros, le prix médian se rapproche de celui d’une place de cinéma, à 14 euros. Les entrepreneurs de spectacles ont multiplié les représentations, sans réellement augmenter leurs prix d’entrée, malgré d’évidents surcoûts de sécurité. Quels sont leurs résultats financiers et leurs marges ? Le CNV apportera un début de réponse le 19 octobre lors de la présentation de l’enquête sur l’activité des entreprises de spectacle.

NICOLAS DAMBRE

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 6 octobre 2017)

Légende photo : Au Weather Festival 2017, à Paris. Crédit photo : Brice Robert