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Remise en selle d'une "maison de la musique"

 

Françoise Nyssen attend pour septembre les propositions d’une étude en vue de lancer une maison commune de la musique. Elle a estimé qu’il fallait utiliser ce qui existe, c’est à dire le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz). L’idée de maison commune de la musique couvrant aussi bien la musique enregistrée que le spectacle, est soutenue par les organisations professionnelles de la filière. Ainsi, le Prodiss appelait, dans son livre blanc, la filière à se fédérer dans un établissement commun. Le terme de «maison commune» a remplacé celui de Centre national de la musique qui avait mobilisé les énergies de 2010 à 2012. àson arrivée au ministère de la Culture, Aurélie Filippetti avait repoussé ce projet, estimant qu’il n’était pas financé. Aujourd’hui, la question des moyens nouveaux reste entière. à cet égard, la position du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) n’a pas changé depuis six ans, à savoir qu’un établissement commun avec la musique de concert est intéressant s’il y a de l’argent public ou des recettes fiscales supplémentaires à gérer. En 2011, l’espoir des acteurs de la filière musicale était de collecter et redistribuer 90 millions d’euros supplémentaires grâce à la taxe sur les services de télévision des fournisseurs d’accès à l’Internet. Un établissement unique de la musique est aussi perçu comme un moyen de gagner en influence politique face au CNC (cinéma, audiovisuel), sur le partage des taxes, d’autant que le CNV a gagné du poids, doublant son volume d’activité en dix ans. Une autre ressource possible serait la mutualisation des fonds pour l’action culturelle des sociétés de gestion de droits des auteurs et artistes (Sacem, Adami, Spedidam). Cette éventualité renvoie aux risques que poserait un guichet unique pour la diversité des projets, sans parler du souhait des sociétés civiles de conserver leurs propres capacités d’intervention. Enfin, si la maison commune couvre l’ensemble des genres musicaux, elle devra gérer l’équilibre entre modèles économiques différents. Les syndicats d’employeurs du secteur public de la culture s’étaient opposés à un principe d’élargissement du CNV. Suite à la dernière annonce, Fabienne Voisin, présidente de Forces musicales, réserve son point de vue, en attendant de rencontrer la ministre : «Nous avons des interrogations mesurées sur cette maison commune : qui, pour quoi, comment et qui met en oeuvre la politique culturelle ?». 

Yves Pérennou

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 23 juin 2017)