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Crise au ballet de l'Opéra de Bordeaux

 

La mise à pied de Charles Jude, directeur du Ballet de l’Opéra de Bordeaux, a été annoncée aux danseurs de la compagnie vendredi 10 février à la sortie du cours, par Marc Minkowski, directeur général de l’opéra, accompagné d’Olivier Lombardi, administrateur général, Laurence Dessertine, présidente, Michèle Tison, directrice des ressources humaines et Claire Andries, directrice des affaires culturelles de la mairie de Bordeaux. Cette mise à l’écart du directeur dans la maison qu’il fréquente depuis 1996 intervient dans un climat tendu. Le 31 décembre, un préavis de grève a menacé jusqu’au dernier moment la représentation du ballet Coppélia. Les danseurs entendaient protester contre la vacance de sept postes et le renouvellement des CDD pour un an plutôt que pour deux habituellement. Le syndicat SNAM-CGT a publié le 6 février un communiqué de presse stigmatisant «la remise en cause de l’effectif du ballet par le biais du non-renouvellement de certains contrats de danseurs et le renouvellement de certains autres sur de courtes durées». Laurence Dessertine avait mis de l’huile sur le feu en déclarant à la presse (journal Sud- Ouest du 28 décembre) : «L’Opéra de Bordeaux n’a plus les moyens d’avoir 39 danseurs». Le tout est exacerbé par une défiance, au sein du ballet, à l’égard du nouveau directeur de l’opéra, le chef d’orchestre Marc Minkowski. Il n’a pas encore su gagner la confiance des danseurs, conscients d’appartenir à une compagnie emblématique et historique, celle où fut créé le premier ballet du répertoire, La Fille mal gardée (1789). La direction ne place pas la mise à pied de Charles Jude sur un autre terrain. Elle affirme que «L’Opéra tire, aujourd’hui, les conclusions de la posture globale de refus de collaborer, voire de dénigrement adoptée depuis plusieurs mois par le directeur du Ballet. » Il semble que Charles Jude a demandé une évolution de ses conditions de rémunération, lors de l’arrivée de la nouvelle direction, et que la négociation se soit mal passée. Mais des témoignages confirment que la mise à pied a été décidée peu de temps après la parution d’un article du Figaro du 26 janvier, dans lequel Charles Jude critiquait le directeur de l’opéra et s’inquiétait pour le ballet… Il devient difficile de ne pas faire le lien entre la sanction qui frappe Charles Jude et les menaces sur l’emploi des danseurs. Alors que la nouvelle direction est engagée dans la renégociation de sa convention pour la période 2018-2022, le départ de Charles Jude exacerbe une situation sociale tendue : la pétition mise en ligne le 11 février, avait, deux jours plus tard recueilli plus de 1 000 signatures.

Philippe Verrièle

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle du 17 Février 2017)