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Assurance chômage : un accord a minima qui fragilise les annexes

Après les menaces du Medef, le compromis du 21 mars sur l’assurance chômage des intermittents du spectacle peut donner l’impression que les dégâts ont été limités. En fait, la négociation a dégagé trois mesures d’économie et laissé de côté toute réforme visant un meilleur fonctionnement du dispositif. Selon les organisations signataires, ces trois mesures doivent permettre d’économiser 160 millions d’euros. On peut en douter.

Sachant que le total des cotisations encaissées est proche de 250 millions, comment une hausse de deux points des cotisations rapporterait-elle plus de 45 millions ? Quant aux effets du plafonnement indemnités + salaire, ils avaient été évalués à 21 millions d’économie par l’Unedic en novembre 2013 sur la base d’un plafonnement à 4 629 euros. Or le plafond désormais négocié est de 5 476 euros...

Reste le nouveau différé d’indemnisation. Certes, il va dégager des économies de «trésorerie», mais ce n’est (en principe) qu’un report des versements. Les partenaires de l’Unedic en attendent pourtant 120 millions d’économie. Au final, les ministères de la Culture et du Travail peuvent se féliciter d’avoir préservé les annexes. Mais aucune des propositions de réforme sur lesquelles ont travaillé les organisations professionnelles, les députés et les sénateurs n’a été étudiée.

Les partenaires de l’Unedic proposent une concertation avant la fin de l’année sur la précarité dans le secteur du spectacle. Elle n’est donc pas supposée se pencher sur les annexes 8 et 10. Aucun objectif ne lui est fixé et elle s’inscrira dans un cadre d’assurance chômage qui reste défini par la réforme de 2003. «Nous n’irons à la concertation que si on y parle des contrats à durée déterminée d’usage, assure Madeleine Louarn, présidente du Syndeac. Pour l’instant il n’est question de parler que des CDI. L’accord conclu le 21 mars sur l’assurance chômage est mauvais.» Les annexes sont maintenues, mais comme une concession au gouvernement pour la paix sociale.

Yves Pérennou

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle)

///Photo : Eric Deguin