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Enquête sur les programmateurs : «Un métier prestigieux et raréfié»

Les universitaires Catherine Dutheil-Pessin et François Ribac ont présenté aux BIS les résultats de deux années d’enquête sur l’activité des programmateurs et programmatrices de lieux subventionnés. «Les personnes qui choisissent les spectacles produisent de la culture dans le sens d’un intérêt général. Avec la mise en scène, il s’agit de postes prestigieux qui, pourtant, ne s’apprennent pas», confie François Ribac.

La formation se fait «sur le tas et de façon interactionnelle.» Les deux sociologues ont interrogé de nombreux responsables de programmation dans la région des Pays de la Loire et étudié la programmation 2011-2012 en Île-de-France, à partir d’une base de données d’Arcadi. Ils ont relevé une forte hiérarchie entre programmateurs selon leurs structures. «Plus une proposition artistique est “hors sol” (ou plus elle circule), plus c’est un argument qualitatif de programmation et un élément de distinction», relève François Ribac.

Les programmateurs(trices) sont en petit nombre, relativement aux lieux ou événements qu’ils programment et à l’offre artistique. «Il s’agit d’un métier prestigieux donc raréfié, pour qu’ils conservent leur pouvoir, rarement dédoublé – comme au Théâtre de Chaillot – encore moins confié à une équipe.» La documentation envoyée par les compagnies n’est prise en compte que par un programmateur sur cinq.

Leur expertise est essentiellement interactionnelle, par connaissances et réseaux, plus que par la position de spectateur. «Ils doivent aussi se distinguer au sein de la communauté des programmateurs. […] Ils ne font pas de sélection dans le sens de prendre les meilleurs mais plutôt de l’eugénisme, car leur métier consiste beaucoup à éliminer», conclut François Ribac. Cette enquête, intitulée «La fabrique de la programmation culturelle» sera prochainement publiée par le Département des études de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture.

Nicolas Dambre

(En partenariat avec La Lettre du Spectacle)

///Catherine Dutheil-Pessin et François Ribac aux BIS. Photo : David Ademas